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Nouveau départ. Encore.

La nuit tombe, les avions volent haut. 

Je suis en l’air, quelle étrangeté. Je n’ai pas sommeil, j’ai bu un café tard. J’écoute The Weeknd comme du temps où j’étais amoureuse de Pierre Marin. 

Mon stress est passé. Sûrement parce que je suis dans l’avion. J’aime bien être dans l’avion. Comme j’aime bien être dans le bus ou dans le métro. Ce sont les moments que je préfère au monde. Parce que pendant ces longues heures, je n’ai pas de décision à prendre, je n’ai rien à faire. Je n’ai plus le contrôle et je suis ok avec ça. Je donne tout au conducteur : voici les clés, emmenez-moi loin, où diable bon vous semble. Je n’ai plus qu’à écouter ma musique, rêvasser devant les fenêtres sales, les hublots fermés et les miroirs déformants. Je me laisse voguer. Sur les vagues d’un océan soudainement calme, un océan sur lequel la foudre ne peut plus tomber. J’attends mais l’attente n’est pas ennuyante. Elle me repose. Enfin. Mon mental se calme instantanément. Je voudrais être tout le temps dans un bus, dans un avion, dans un métro. Surtout la nuit. Quand la vie dort et que les dernières lumières reflètent des mystères qu’il me plait d’observer. 

Je suis la dernière éveillée, je le sais. Je me sens un peu spéciale, je suis un peu spéciale. Tout est spécial la nuit. Tout est si calme la nuit. J’aime trop la nuit.

Mon voisin s’endort devant un film, moi je n’ai jamais pu m’endormir devant un film, je n’ai jamais compris comment c’était possible. 

The Weeknd pleurniche et mon coussin de cou n’est pas super agréable. 

Je repense aux derniers mois. 5 petits mois, 5 petits mois qui ont défilé à une allure dingue. 5 petits mois qui ont m’ont retourné le bide, qui ont retourné le vide. Ils ont semblé déterminant dans ma vie, l’ont-ils vraiment été ? Que sera ce nouveau retour, cet énième nouveau départ ? Voici une première d’ailleurs : un nouveau départ en France. 

J’ai pleuré ce matin. Parce que je perds mes cheveux par poignées et que j’ai peur de finir chauve. Mais au fond de moi, on sait bien que ça n’était qu’un prétexte. J’ai pleuré la fin du voyage, la vraie fin. Pas des pleurs de tristesse non. Juste des pleurs qui marquent le mouvement, le changement. Puisque ma tête ne veut pas comprendre, il faut bien que mon corps s’exprime. 

Je m’étais persuadée que le voyage était moi, que j’étais lui. Que c’était ma voie. Mais la vie me rappelle une chose essentielle, une loi immuable : rien n’est jamais figé. Et si le voyage a été ma voie, elle ne l’est plus aujourd’hui, il faudra faire son deuil. C’est douloureux mais tellement doux. Quel soulagement d’aller dans la bonne direction, de se sentir alignée, d’être certaine que c’est le cœur qui parle et non le mental. D’être certaine tout court. Et si la fin, elle, est encore incertaine, le chemin se fait moins épineux et plus confiant. Je découvre chaque jour un nouveau bout de moi tout en ayant conscience que ce petit bout changera encore et encore sans ne jamais altérer le Moi véritable. 

Accepter le changement est terrifiant surtout quand il vient de l’intérieur, du plus profond de ses tripes. Mais qu’il est excitant d’être sans cesse en mouvement. De se redécouvrir, de se réinventer. 

Dans ce bus, dans ce métro, dans cet avion. 

Qu’il est bon de se laisser guider, de lâcher prise. Faire taire son mental, s’écouter.

Dans ce bus, dans ce métro, dans cet avion. 

Regarder les étoiles dans l’obscurité, s’adonner à cette mélancolie qu’on connaît par cœur mais dont la mélodie est toujours nouvelle. 

Observer le paysage défiler trop vite, tenter de s’y accrocher avec des photos bizarres qui ne laisseront qu’un souvenir flou d’un instant présent inédit. 

Je veux rester sur la route, je veux continuer cette danse à deux temps. 

Je veux encore de ces nuits qui me bercent et rendent tout parfaitement beau. 

Je suis dans cet avion qui me ramène à la maison et même si je ne réalise pas, même si je commence à avoir peur, peur de tout, peur de rien, je sais que tout va aller. Il y a cette confiance nouvelle qui habite mon corps. Et avec elle, je me sens forte. 

Je suis heureuse, profondément heureuse de rentrer chez moi. Je te dis au revoir voyage chéri, je te promets de te retrouver très vite mais pour l’heure, j’ai besoin de ME retrouver. 

Merci pour tout ce que tu m’as donné, merci de m’avoir fait vibrer, de m’avoir fait sentie vivante comme jamais, merci pour cette nature qui m’a guérie, merci pour les hippies fous, merci de m’avoir tant appris, merci de m’avoir tout appris. Merci pour les parasites, merci pour les amours, merci pour la frivolité, merci pour les étoiles dans le ciel, merci de m’avoir montré toute la beauté du monde. Tu n’as pas toujours été facile avec moi mais qu’est ce que c’était bon. Tout était trop bon même dans les moments moins bons. Merci de me rappeler chaque jour que nous ne sommes que de simples étoiles filantes et que tout ce qui compte, tout ce qui comptera toujours, c’est ici et maintenant. Et mon ici et maintenant il flotte, il vole même. Il coule des larmes et il est ému à mourir, il est parfait comme tous les autres instants qui ne sont plus, comme tous ceux qui arrivent. 

Merci merci merci, je t’aime à l’infini. 

Un commentaire sur “Nouveau départ. Encore.

  1. un choix mesure je pense, un choix necessaire ?
    Il faut prendre du temps pour soi, pour se ressourcer, pour pouvoir mieux rebondir.
    oui, nous ne sommes rien, nous sommes de passage uniquement.
    j,ai ete content de vous suivre tout au long de vos peregrinations literraires agrementees de votre joie de vivre coruscante.
    allez de l’avant, c’est vivre.
    allez vous continuer a ecrire sur ce blog ?
    bon retour chez vous.
    cordialement.

    J’aime

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